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Hollysiz : « Ma vie de chanteuse me comble complètement »

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Venue défendre ses ondes pop à l’édition 2018 du festival des Déferlantes d’Argelès-sur-Mer, Hollysiz s’est prêtée au jeu de nos nombreuses questions. Retour sur une rencontre pétillante, dans la joie et la bonne humeur que Live Arena n’est pas prêt d’oublier.

Parle-nous de ton tout dernier album dévoilé il y a quelques semaines « Rather Than Talking »… 

Hollysiz : Je suis en train de le défendre sur scène. J’ai l’impression que c’est là qu’on parle le mieux de ses albums, c’est quand on les fait vivre. C’est un album qui est un deuxième. On m’avait dit que c’était le plus dur, surtout que j’avais eu la chance que le premier se passe bien. Bizarrement, j’ai l’impression que ça n’a pas été le plus dur, que c’était simplement celui qui est allé chercher au plus profond de moi. D’un coup, je me suis dit que comme on n’avait pas la formule secrète pour faire marcher quelque chose donc autant faire ce qui nous plaît. Au moins, si on se plante, on pourra s’en vouloir qu’à soi-même et si ça se passe bien, on aura été très honnête dans notre succès. En tout cas, je pense que l’album parle mieux lui-même sur scène.

Qu’est-ce que tu as voulu transmettre avec ce second opus ? 

Hollysiz : C’est drôle parce que quand j’ai commencé à l’écrire au final, je me suis retrouvée avec 25 morceaux et on a dû faire le tri avec mes deux co-réalisateurs, notamment Yodelice. Et quand on a fait ça, on est arrivé à ces treize morceaux. D’un coup, on voit en quoi on va se resserrer en thématique. Pour l’album, ça serait une petite boule à facettes, sur laquelle il y aurait toutes les facettes d’une même femme et en même temps, le portrait de beaucoup de femmes différentes. Je dirais que c’est ça.

Il paraît que « Rather Than Talking » est conçu pour la scène. Comment on conçoit un album en pensant au live ?  

Hollysiz : Je ne sais pas s’il a vraiment été conçu pour le live mais c’est vrai que j’en avais conscience parce qu’on sortait de la tournée quand j’ai commencé à l’écrire. J’avais conscience de ce que j’aimais chanter sur scène. Après, on a réarrangé les morceaux pour le live aussi donc c’est sûr que le fait qu’il y ait beaucoup de percussions dans l’album, je savais que sur scène ça allait être quelque chose de très payant, quelque chose qu’on allait aimer faire. Surtout en ce moment en festival où on joue une heure donc on joue un set plus court que ce qu’on fait en salle. Quand on est en salle, on a une écoute qui est différente, on a le temps d’installer les choses, on peut faire des morceaux plus lents. Là pendant une heure, c’est totale énergie et justement tout ce qui a dans cet album ressort énormément dans ce genre de shows. Il n’y avait pas énormément de guitare bizarrement alors que dans le premier, il y en avait énormément. Mon guitariste faisait d’ailleurs un peu la gueule quand il a entendu l’album (rires). Un album conçu pour le live entre guillemets, c’est surtout qu’il a de nouveaux interlocuteurs et surtout de nouveaux participants qui sont le public.

Pour cette édition des Déferlantes, tu es la seule femme programmée sur les deux scènes principales. Qu’est-ce que ça te fait ? 

Hollysiz : C’est vrai ? Vous êtes sérieux ? Mais c’est terrible ! Ça ne s’appelle pas les Déferlants à ce que je sache. Je suis la seule femme ? Je suis très surprise après j’ai vu cette étude qu’il y a eu comme quoi nous sommes seulement 13 ou 17% sur tous les festivals, alors que j’ai l’impression qu’en ce moment, ce sont les femmes qui dominent la pop music. Je ne parle pas forcément de moi mais juste au niveau mondial, avec Beyoncé, Rihanna, en France, Christine and the Queens, Juliette Armanet, Angèle qui est par exemple en train d’arriver. Il y a beaucoup de femmes. Dans Thérapie TAXI, il y a une chanteuse aussi, dans La Femme aussi donc que font les programmateurs ? Pourquoi ils ont peur de nous ?

Et justement à propos des femmes. Quel place tu as accordé au féminisme dans ton dernier album ? 

Hollysiz : J’ai l’impression que c’est beaucoup une histoire de contexte. J’ai écrit une chanson qui ouvre l’opus qui s’appelle « Unlimited », qui ouvre les concerts aussi. Je l’ai écrit au moment de l’investiture de Trump et si elle était sortie au moment où je l’ai écrite ou six mois plus tôt, peut-être qu’on en aurait moins parler. Mais elle est sortie au milieu d’un contexte très particulier où je n’ai pas envie de dire que la parole des femmes s’est libérée mais où on a enfin commencé à les écouter. On m’a beaucoup beaucoup parlé de ça. Il y avait aussi un album de Florence + The Machine qui est sorti il y a trois ans qui parlait que de ça, notamment d’une femme qui a réussi à se sortir d’une relation toxique et on ne l’a jamais interviewé sur ça. De mon côté, je me suis retrouvée, un petit peu à une place que je n’ai pas demandé, je suis juste une fille de mon âge, qui a la chance de pouvoir, à travers la musique parler de sa société et de ce qui l’habite. En tant que citoyenne, en tant que femme, je me sens déjà féministe. Être une femme, être auteure-compositrice, de se produire en festival, c’est déjà un acte politique. On a encore du boulot !

Avant tu faisais du cinéma, pourquoi se concentrer un peu plus sur la musique ces derniers temps ? 

Hollysiz : Ce n’est pas aussi catégorique que ça en a l’air. La musique a toujours fait partie de ma vie, c’est juste que je le faisais dans mon coin et que j’apprenais mon métier, j’étais moins exposée. C’est toujours la même chose, c’est raconter des histoires. Quand je faisais du cinéma, je racontais les histoires des autres ou en tout cas je participais à la leur, là j’écris la mienne. La dernière fois que j’ai tourné dans un film c’était il y a cinq ans. Depuis je n’ai fait que de la musique parce que c’est mon projet, parce que je le porte. J’aurai plus aujourd’hui l’impression d’être une chanteuse à qui on fait appel pour aller dans un film que d’être une actrice qui se remet en scène. Ma vie de musicienne et de chanteuse me comble complètement et me prend 7 jours sur 7 et presque 24 heures sur 24 ce moment (rires) donc ça serait vraiment compliquée de la concilier avec autre chose.

Un artiste avec lequel tu aimerais collaborer sur un featuring, un album ou même en live ? 

Hollysiz : Je suis déjà très superstitieuse, alors j’ai l’impression que quand on dit à haute voix quelque chose dont on rêve, ça ne se réalise pas. Par contre, j’envoie des messages à l’univers régulièrement. C’est toujours un peu délicat comme question parce que je me rends compte qu’il y a des artistes que j’aime énormément comme Thom Yorke de Radiohead mais j’ai aucune envie de chanter avec lui, j’ai envie de le regarder chanter, j’aurai trop peur de gâcher sa chanson (rires). J’aime bien le côté de rester une spectatrice assidue de certains artistes. Après, ça je peux le dire parce que je ne pense pas que ça arrivera mais si demain Stevie Wonder a vraiment hyper envie qu’on fasse un petit duo lui et moi, appelle-moi quoi (rires). Dans les gens de ma génération, il y en a énormément, j’ai adoré chanter avec Her pour Taratata, c’était une volonté et la rencontre vocale a été géniale ou rechanter avec mon pote Yodelice, ça j’adorerais aussi.

À propos de l’auteur

L'écriture a toujours été pour moi, une échappatoire. Fan cachée de reggae, je peux également écouter de la pop et même du métal. Grande rêveuse à mes heures perdues, j'aime imaginer des scénarios improbables et romantiques sur des mélodies entraînantes.