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Paléo Festival 2016 : on a survécu !

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 C’est fait. On est lundi matin, on s’extirpe bon an mal an de notre tente, plein de courbatures, mais heureux comme rarement on l’a été. Les festivals ont toujours cet effet apaisant sur l’esprit, en particulier le matin du départ, au moment où l’on replie notre tente, un éco-cup vissé dans la poche droite, un ami gisant au sol, à la recherche de ses chaussures. De l’autre côté de l’allée du camping, un mec, qui il y a deux jours était super fier de sa tente deux secondes, galère à la replier pendant que deux touristes ne parlant manifestement pas sa langue tentent de l’aider. Tout en rangeant ses affaires on se remet en tête les 6 jours exceptionnels qui se sont déroulés à Nyon, juste au bord du lac Léman : c’était le Paléo festival 2016. 

Un festival qui fait dans la démesure

Lorsque l’on est habitué à des festivals plus « classiques », à plus petite échelle, le Paléo à l’air d’être un événement complètement disproportionné. Dur de comparer des événements qui s’étendent sur un week-end à cette gargantuesque fête qui dure près d’une semaine ! Ici, tout est démesuré : la taille du camping, le nombre de spectateurs (230 000 chaque année !), les stands qui s’étendent à perte de vue (près de 200 !), et une programmation à l’image de l’événement ! En fait lorsque l’on regarde le line up de l’événement, il est impossible d’être déçu, (les organisateurs faisant l’effort de proposer des styles très variés : rock, métal, hip-hop, électro, musique du monde..) c’est un peu comme prendre les trois plus gros festivals français et les mélanger entre eux. Les têtes d’affiche s’enchaînent et il est impressionnant de voir autant de gros artistes réunis pour une seule et même semaine : Muse, Iron Maiden, les Insus (oui, Téléphone), Louise Attaque, Michel Polnareff, Lilly Wood and the Prick, Ibrahim Maalouf, Bigflo et Oli, Fakear, Louane… difficile de citer tout le monde tant la liste est longue est colorée !

beaucoup de monde festivaliers

©Paléo/Jacques Rattaz – Les festivaliers étaient comme chaque année très nombreux

Ambiance festive et cuisine du monde

Chaque instant est illuminé d’une nouvelle découverte, le site du festival proposant de nombreux espaces originaux : on pense surtout au village du monde, dont le thème cette année était la culture celtique (l’an prochain ce sera l’Amérique du Sud). L’organisation du festival est exemplaire, une application mobile (spécialement créée pour le festival) permet de se repérer au sein de l’événement, mais aussi de créer un programme des concerts personnalisés, ou encore de choisir à quel stand aller se restaurer ! Et il faut dire que le choix est difficile. Pendant six jours on court de concerts en concerts,  mais on essaye surtout de retrouver nos amis qu’on a perdu, quelque part entre le quartier de l’Orient et le quartier de la terrasse.

tour vagabonde village celtique

©Paléo/Marc Amiguet – La tour Vagabonde du village celtique

Les spécialités sont en effet goûteuses et variées mais surtout très (mais alors vraiment) nombreuses, le festival étant organisé autour de neufs quartiers différents : Le Village du Monde, le Quartier des Alpes, le Quartier de la Terrasse, L’entre deux mondes, le Quartier du Midi, le Quartier Latin, le Quartier de l’Orient, le passage du retour et le Quartier des Arches. Chacun propose ses spécialités respectives avec des dizaines et des dizaines stands différents : spécialités bretonnes, cuisine italienne, sushis, houmous et falafels, sandwich de homards, burgers…

nourriture paléo et bière éco cup

©Paléo/Marc Amiguet – Les festivaliers avaient de nombreux choix à disposition pour se restaurer

En dehors des concerts, de nombreuses activités sont proposées aux festivaliers, histoire de s’occuper autrement qu’en sautant dans la boue sous un tsunami de décibels. La zone de « La Ruche » (un vrai mini-festival) accueille par exemple des artistes qui s’expriment à travers un mélange convivial de théâtre et cirque de rue, mention spéciale aux échassiers ! Les concerts sont déjà finis mais vous vous sentez toujours d’attaque pour faire la fête ? Qu’à cela ne tienne ! L’espace de Pl’Asse, sorte de liaison entre le camping et le festival est là pour accueillir tous les festivaliers jusqu’à 4 heures du matin ! En somme tout est fait pour que les participants puisse s’amuser pendant une semaine non-stop !

activités paléo

©Paléo/Frédéric Montfort De nombreux spectacles et activités étaient proposées

 Mardi

On commence très, mais alors vraiment très fort pour le premier jour du festival : Muse. Si le groupe divise, il fait tout de même partie de ces géants qui enchaînent les lives dantesques, à grand renfort d’effet de mise en scène. Cette fois-ci les britanniques ont choisi de faire simple avec une pluie de confettis pendant la musique « Mercy« . Un show à la hauteur de nos attentes, mais certains sont déçus par le manque d’originalité du concert, les membres du groupes prenant en effet relativement peu de risques, on applaudit tout de même très fort la prestation, surtout en ce qui concerne le solo de guitare, pendant Supermassive Black Hole.

Mais ce soir, les britanniques ne sont pas le seuls à répandre la joie autour d’eux : on pense notamment à la joyeuse folk de The Lumineers qui ensoleille le début de soirée (joli exploit) avec une musique qui transpire la bonne humeur et la guitare acoustique. Un vrai régal ! Courtney Barnett a été une découverte pour nous, et pas des moindres ! La voix (déjà très jolie) de la jeune femme est accompagnée de manière très mélodieuse, une Telecaster à la main, elle nous a ravi d’une pop rock sucrée et vive. Un peu plus tôt dans la journée  nous sommes également tombés amoureux de Grand Blanc, un groupe originaire de Metz au style difficile à définir, à la limite entre chanson, rock et musique électronique, on adore ! A l’image des Eurockéennes de Belfort qui avaient choisi de terminer la première soirée avec Mr Oizo, cette journée d’ouverture se clôt avec Boys Noize, un grand nom de l’électro ! On ressort éreintés de cette première incursion au sein du festival, il est rare de voir un premier jour aussi démentiel, et l’on se dirige vers notre tente en essayant de regarder à nouveau les photos et vidéos que l’on a réussi à prendre quelques heures plus tôt, en attendant le lendemain…

Mercredi

Grosse tête d’affiche ce jour là : Iron Maiden, en plein milieu de sa tournée « The Book of Souls World Tour », le groupe se défend sur scène à l’aide de ses grands classiques « The Trooper » ou « Fear of the Dark » (qui vient clôre le set) et des morceaux plus récents : on pense notamment « Speed of Light » qui suit un « Doctor Doctor » lors de l’ouverture du show. On regrette quand même l’absence de certains classiques que l’on aurait bien aimer voir en live : « Dance of the Deaths », « Blood Brothers ». Les amateurs de métal auront de quoi se mettre sous la dent ce soir là puisque ceux-ci pourront se précipiter vers la scène des Arches pour assister au live d’Eluveitie, le groupe prendra d’ailleurs le temps d’offrir à son public un doux intermède acoustique, un régal pour les oreilles !

On est tout de même un peu surpris de devoir attendre jusqu’à assez tard le soir pour pouvoir voir les deux autres poids lourds de la soirée. On s’impatiente longtemps devant la scène avant que Louise Attaque n’entre sur scène, accusant un retard très important. Peu importe ! Le public est là et tout le monde chante et lève les bras dès l’ouverture, lorsque retentit « J’ai accepté par erreur… ton invitation ». Même si les chansons issues d’albums plus récents sont bien accueillies, c’est lorsque le groupe joue un de leurs inoubliables tubes que la foule se déchaîne pour de vrai, reprenant avec le groupe de chansons élevées au rang d’hymne. On enchaîne avec Synapson, une musique électronique décomplexée et dansante histoire de clore avec brio cette deuxième journée ! Un peu plus tôt nous avons également pu découvrir quelques perles, on pense ici notamment à Carlos Núñez, un multi instrumentaliste amoureux des instruments à vent, un artiste à la musique à la fois douce, entraînante et atypique. Autre découverte pour nous (amis fans de metal, pitié s’il vous plait) The Raven Age, et leurs musiciens virtuoses, offrant un métal assez calme au niveau du chant mais dégageant une énergie dévastatrice au niveau des instruments. On adore !

théâtre de rue

©Paléo/Marc Amiguet – Des activités variées

Jeudi

Aujourd’hui plusieurs grands noms sont à l’affiche ! Monsieur Francis Cabrel est de retour à Nyon après quelques années d’absence (sa dernière venue remonte à 2009), il est accueilli sur scène par un animateur qui le présente comme un « viel ami ». Guitare acoustique à la main, il déambule sur scène aux côtés de ses musiciens pour un concert plein de simplicité et de charme, on l’aime (presque) à mourir, et on en demande « encore et encore ». Une fois de plus, la soirée se termine dans une ambiance électronique, même si cette fois un rude choix nous est imposé : (re)voir l’Entourloop (qui avait joué à Rencontres et Racines) ou les Multi Champions de France, d’Europe, et du Monde de DJing : Birdy Nam Nam ? Choix difficile, mais on se tourne vers les derniers cités, qui proposent un set à la hauteur de leur réputation : on est toutefois un peu surpris de découvrir des musiques beaucoup plus orientées transe ou acid house et moins de jeu avec les scratchs pour un concert tout de même très énergique et dansant. Une journée très éclectique avec des groupes très variés, chacun aura pu trouver le genre qui lui convient : Reggae, (Tiken Jah Fakoly) blues (the Two) électro, pop…

Vendredi

Aujourd’hui, le public a l’occasion de redécouvrir l’une des formations les plus populaires des festivals cet été : les Insus. Si ce nom ne vous dit rien, celui des membres vous dira certainement quelque chose : Louis Bertignac, Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka. Vous l’aurez deviné, il s’agit là d’une reformation du groupe Téléphone (sans Corine Marienneau) ! Le show est très semblable à celui des Eurockéennes et  s’apparente à un « Best-of » des tubes de Téléphone : Bien évidemment « Un autre monde », »l’Hygiaphone », « Cendrillon », »New-York avec toi » sont jouées, on n’échappe à aucun des classiques du groupe. Si une grande partie de l’attention est tournée vers ce concert, les autres groupes ne sont pas sans reste ! Comme à son habitude, les membres de Deluxe, véritables magiciens du Live, déchaînaient le public avec leur joyeux mélange de funk,rock, électro et hip-hop.

deluxe paléo festival

©Paléo/Anne Colliard – Deluxe toujours aussi flamboyant sur scène

Encore une fois la diversité est de mise pour que chacun puisse trouver un artiste à son gout : beaucoup de pop (Lilly Wood & The Prick, Rover) un peu de rock (Balthazar, The Celtic Social Club) mais aussi un peu de rap (Ocean Wisdom,PihPoh) et d’électro (The Avener).

Les insus téléphonne paléo festival

©Paléo/Lionel Flusin Les Insus sur scène

Samedi

Décidément cette édition du Paléo sera symbole à la fois de nouveauté mais aussi de retour aux sources, car si la tête d’affiche de la journée est un groupe de musique électronique, celui-ci a plus de vingt ans ! Les Chemical Brothers font en effet partie de ces groupes qui ont traversé les années sans prendre une ride, portés par leurs sonorités acides électroniques. Plusieurs poids lourds du rap sont également présent ce jour là : D’un coté nous avons Abd Al Malik armé de sa plume acéré, le MC vient poser ses textes sur des instrumentales très électroniques. De l’autre les très jeunes Bigflo et Oli, les deux jeunes stars originaires de Toulouse sont là pour offrir leur rap honnête, touchant, parfois drôle, parfois triste, mais toujours réfléchi. Enfin, nous avons Guizmo, originaire du 18eme arrondissement de Paris, le rappeur vient décrire son quotidien avec ses paroles incisives et son flow reconnaissable entre mille, déchaînant une partie du public. Pour les personnes à la recherche d’une électro originale et rafraîchissante, Fakear est probablement l’un des meilleurs artistes français. Le jeune artiste s’est produit à deux reprises : lors de son concert sur la scène des Arches mais aussi lors d’un concert sauvage où il a pu démontrer tout son talent au maniement de sa MPC.

 

Dimanche

Ça y est, c’est déjà le dernier jour ! Un peu déçus, on sèche nos larmes pour se préparer à passer une dernière journée explosive ! Michel Polnareff est en tête d’affiche aujourd’hui et le public l’accueille avec joie, les mains dressées vers le ciel, puis se balançant doucement au rythme de la « Poupée qui fait Nyon » (à plus de 70 ans l’homme apprécie toujours autant les jeux de mots), un concert plein de nostalgie pendant lequel le chanteur propose à la foule de (re)découvrir ses classiques. Ce dimanche est également la journée des plus jeunes, avec la présence de leur idole : Louane, l’ancienne candidate de the Voice qui a fait beaucoup de chemin depuis l’émission et c’est aujourd’hui devant un public bien plus grand qu’elle se produit, avec douceur et talent. Un peu plus tard, alors que la nuit commence à tomber, les oreilles se dressent et les amateurs de Jazz se précipitent vers les Arches, histoire de se trouver une place pour le concert d’Ibrahim Maalouf. Le musicien armé de sa fameuse trompette est venu redonner à la musique instrumentale ses lettres de noblesse ! Le public est conquis, nous aussi : le mariage entre différents styles de musique (jazz, pop…) et l’instrument de l’artiste est une véritable réussite. Une harmonie parfaite pour terminer le festival en beauté.

ibrahim maalouf paléo festival

©Paléo/Lionel Flusin Ibrahim Maalouf l’as de la trompette était présent

Bref, on dit merci aux bénévoles, merci festivaliers et surtout merci aux groupes de musique pour nous avoir offert quelques jours exceptionnels ! On se dit à l’année prochaine !

Obtenir ses places pour le festival

Chaque année, les billets sont mis en vente sur le site officiel du festival, toutefois la demande pour ces derniers est si forte qu’ils sont épuisés en quelques heures à peine, laissant de nombreux personnes frustrées et déçues de pas avoir pu obtenir leurs places. Si vous tenez absolument à voir un artiste en particulier, sachez que des billets sont également vendus chaque jour sur le site du festival, dans des stands officiels. Cette année les organisateurs avaient également choisi de donner quelques chances supplémentaires de participer à l’événement l’an prochain : un jeu concours sur Instagram invitant les internautes à poster leurs plus beaux clichés de l’édition 2016 du festival !

Informations billetteries

Paléo Festival – édition 2017 
Du mardi 18 au dimanche 23 juillet 2017
Prix/Tarifs 
Pass 1 jour : 65€
Pass 2 jours : 130€
Pass 4 jours : 227€
Pass 6 jours : 324€
Billetteries et réservations 
Mise en vente sur le site officiel du festival le mercredi 05 avril 2017.
► Réservation anticipée déjà disponible.

Avis de la rédaction

8.5 On en veut plus !

Un festival d’exception : tout est réuni pour le plaisir des festivaliers. La programmation est très variée, proposant autant des artistes de renom que des petits groupes que l'on est heureux de découvrir. Les stands offrent des produits de très grandes qualités, on peut tout de même déplorer des prix un peu trop élevés.

  • Programmation 9
  • Restauration - Bar 8
  • Organisation 9
  • Animation - Activités 8
  • Notes des internautes (1 de Votes) 8.3

À propos de l’auteur

Passionné de musique en tout genre: rock, metal, reggae et surtout rap. Etudiant en infocom à mes heures perdues, je m'investis surtout dans la musique (arthur poletti sur Youtube) et les techniques du son.