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Portugal. The Man : « On apprend encore et toujours »

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Pour défendre leurs titre ravageurs, les Portugal. The Man étaient très attendus aux Déferlantes 2018. L’occasion idéale pour Live Arena de s’approcher de ses oiseaux de nuit et de discuter sur Donald Trump et la passion du rock’n’roll bien fait. Focus. 

Est-ce que vous connaissez la France et le Sud plus particulièrement, qu’est ce que cela représente pour vous ?

Zachary Carothers : Cet endroit est tout simplement incroyable. Nous sommes déjà venus en France plusieurs fois mais jamais ici, dans le Sud. C’est connu mondialement et c’est encore plus incroyable en vrai. On peut y voir l’influence de l’Espagne et c’est le meilleur de deux mondes…C’est splendide. Puis, la nourriture ici…C’est succulent.

Eric Howk : Nous sommes en train de vivre un délice gastronomique depuis notre arrivée.

Depuis la sortie de votre premier album, qu’est-ce qui a énormément changé pour vous ?

Zachary : Oh boy…Tout a changé…On a la chance d’aller dans de nouveaux endroits, de voyager, de voir de nouvelles choses, de rencontrer de nouvelles personnes. Ça fait un moment, on a eu des hauts et des bas…Aujourd’hui, nous sommes au pied d’un château magnifique, peut-être que demain nous serons sur un banc à manger des chips à 5 heures du mat’. On ne sait jamais avec nous. Des hauts et des bas comme on vous a dit.

Est-ce que vous diriez que votre musique a évolué en même temps que votre notoriété et ces hauts et bas dont vous parlez ?

Zachary : Oh oui ! Depuis le début de notre aventure, tout n’est qu’une constante progression. Nous avons sorti 8 albums mais le premier, nous n’avions aucune idée de ce que nous faisions. Depuis, on apprend encore et toujours à chaque opus, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire. La pratique nous apprend toujours des choses avec un seul objectif : écrire des chansons meilleures les unes que les autres. Enfin du moins, c’est ce qu’on espère qui se passe. (rires)

Pourquoi avoir choisi le nom de « Portugal. The Man » ? Avez-vous un lien spécial avec le Portugal ?

Eric : Oh, je crois que je n’ai pas besoin de traduction pour cette question ! (Rires) On nous la pose souvent.

Zachary : Je crois que j’ai tout compris alors vous venez de parler en français. Je la comprendrais dans toutes les langues. 

Eric : Personne n’est portugais. Le nom du groupe, Sacks va vous l’expliquer car il est devenu expert.

Zachary : Nous voulions créer un personnage fictif, à la manière de David Bowie et son Ziggy Sardust par exemple et nous aimions l’idée de créer un faux personnage qui englobe tout le monde. Nous savions que nous serions un gros groupe donc on voulait faire le contraire et n’avoir qu’un seul avatar, un seul nom pour tout le monde, une seule voix. Portugal, on trouvait que cela sonnait bien pour le nom d’un mec. Bon depuis à l’origine, personne n’y avait mis les pieds, ce n’est plus le cas maintenant…

Eric : On remercie le Portugal de nous laisser utiliser son nom. En plus, on y retourne dans quelques jours pour un concert.

Parlons de « Feel It Still », qui a cartonné au niveau mondial et qui aurait été écrit en moins d’une heure, c’est vrai ?

Zachary : Oui, c’est vrai. L’histoire derrière « Feel It Still » est frustrante. On vivait dans le moment et alors qu’on était en pause, John a balancé un peu de son sur sa basse, comme ça, tout le monde y a mis sa patte alors qu’on n’avait pas besoin de nouvelles chansons…On avait tout le matériel qu’il nous fallait voire même plus. Tout s’est enchaîné, avec des « claps and snaps », puis des paroles improvisées, qu’on n’a même pas écrit quelque part…Tout est sur les bandes d’enregistrement…Alors qu’on se cassait la tête, pour celle-ci, ça s’est passé en un claquement de doigts et c’est devenu même notre plus gros titre ! C’est dingue quand même.

Vous avez appelé votre dernier album « Woodstock ». Vous êtes un groupe de rock, c’est votre façon à vous de participer au mythique festival ?

Zachary : (rires) bien joué !…Euh…Non mais oui ! (Rires) S’ils fêtent les 50 ans du festival, l’année prochaine, j’espère qu’ils feront appel à nous car ça serait vraiment cool ! Alors oui « Woodstock » s’en inspire forcément… Woodstock pour nous, en grandissant, c’est l’un des premiers qu’on a écouté…

Eric : Mon grand-père avait une cassette du festival et je l’ai écouté en boucle jusqu’à ce que cela ne marche plus…Woodstock pense que c’était des hippies et de l’acoustique mais fuck, il y a de tout : Satana, Hendrix, Ravi Shankar…il y avait de tout et c’est ça qui fait la beauté de ce festival qui ne se contentait pas d’un genre de musiques, il a ouvert la voie aux festivals modernes aussi.

Y a-t-il un artiste français avec qui vous voudriez collaborer ?

Zachary : Justice ! (Rires). Justice est badass…Euh…Vous avez aussi de supers chanteurs de hip hop. Je n’y comprends rien mais j’adore. J’ai des amis qui m’envoient des chansons et franchement le hip hop français est putain de cool. Au passage, si vous avez des suggestions d’artistes et de chansons, je suis preneur. N’hésitez pas à me les envoyer.

Dans « Noise Pollution », l’ultime morceau de votre dernier album, on entend beaucoup de français dont un « Je suis Charlie », pourquoi avoir choisi de mettre cette phrase ?

Zachary : La plupart de nos albums, comme le dernier qui nous a menés à l’élection de vous savez qui, piochent dans l’Amérique d’aujourd’hui et le monde actuel. Quand on tourne en Europe, on se rend compte que les Européens connaissent mieux la politique US que nous et la réciproque n’est pas vrai. Donc quand il y a eu les terribles événements en Europe, on a voulu faire référence à « Je Suis Charlie » par exemple pour aussi remettre les Américains à leur place. On le prononce mal mais les chœurs rectifient ça, c’est pour pousser les gens à s’y intéresser aussi…

Eric : Puis j’avoue que nous sommes des fans de Charlie Hebdo et ce qui est arrivé est horrible. Nous avons grandi avec de la satire, qui se moquait déjà à l’époque de Donald Trump, et donc quand Charlie Hebdo a été frappé par cette tragédie, ça nous a touché…Cette chanson, c’est aussi notre façon d’être solidaire !

On imagine que vous travaillez déjà au prochain opus, est-ce que l’Amérique de Donald Trump vous inspire ?

Zachary : Carrément. Il y a des trucs de merde qui se passent et écrire des chansons, c’est notre façon à nous de les combattre.

Eric : Il y a toujours des problèmes et des luttes en Amérique et même dans le monde et il faut donc mettre la lumière dessus. On essaie de faire de notre mieux.

À propos de l’auteur

L'écriture a toujours été pour moi, une échappatoire. Fan cachée de reggae, je peux également écouter de la pop et même du métal. Grande rêveuse à mes heures perdues, j'aime imaginer des scénarios improbables et romantiques sur des mélodies entraînantes.